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"Salsa : Une manière différente de nommer la musique cubaine. C'est le mambo, le cha cha cha, le son... tous les rythmes cubains réunis par un seul nom". (Celia Cruz). Mais la salsa proprement dite naît à New York à la fin des années '60, inventée par les musiciens des barrios, les quartiers pauvres latinos. Elle s'enrichit rapidement d'une dimension sociale, sous l'impulsion de Willie Colón qui dévoile l'envers du rêve américain en mettant en paroles la dure réalité du ghetto, où règne misère, violence et drogue dure. Son ami Rubén Blades impose alors une salsa consciente, revendicative et politique. Des figures de dimension internationale comme Celia Cruz contribuent à asseoir durablement le style.
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C'est grâce à son impact mondial, qui déborde le cadre du public latin, que le mot salsa s'impose comme un terme générique : on appellera salsa l'ensemble des musiques latines, du boogaloo au mambo en passant par le vieux son, ou même la récente latin house. Les Cubains, après avoir longtemps boudé le terme -estimant que les USA recyclaient et usurpaient leur musique - finiront par s'y faire, et le mot salsa (la sauce) semble aujourd'hui définitivement fixé. Il faut dire qu'il est idéal, puisqu'il évoque à la fois un mélange, un savoir-faire, une chaleur, une excitation des sens, et ce qui fait que les choses ont du goût... et du piment. ORIGINE DE LA SALSA Cette histoire commence en 1492 quand Christophe Colomb butte sur les Antilles, alors qu'il croît avoir atteint le Japon. Il vient en fait de toucher une île des Bahamas, dans le chapelet que forment les Grandes et les Petites Antilles, une véritable barrière sur laquelle s'adosse l'immense continent américain : l'Amérique est, pour les Européens, "un continent imprévu". C'est le début de l'immense choc qui fera s'affronter trois continents autrefois quasi-étanches, l'Europe et l'Amérique d'abord, l'inépuisable Afrique ensuite : c'est une histoire qui se décline en couleurs d'or et sang, de passion, de douleur et de désir. La musique, dit-on, est langue universelle. C'est ainsi qu'à Cuba, les vivaces traditions africaines, seul bagage emporté par les esclaves en partance et seule richesse à transmettre à leurs enfants, vont côtoyer les traditions culturelles arrivées d'Espagne : pendant des dizaines d'années, elles vont se mélanger, se malaxer, s'amalgamer les unes aux autres. Les colons français fuyant Haïti-la-rebelle en révolution anti-esclavagiste en emportant leurs esclaves vers la fin du XVIIIème siècle, nourrissent l'affaire d'éléments français. "Quand les maîtres ne leur permettent pas de danser dans l'habitation, (les esclaves) feront trois ou quatre lieues après qu'ils auront quitté leur travail de la sucrerie le samedi à minuit pour se trouver quelque lieu où ils savent qu'il y a une danse", écrit le R.P. Labat au XVIIème siècle. Dans le creuset culturel qu'est alors Cuba, de nouvelles musiques vont naître, contribuant à la formation d'une cubanité naissante. |